Les résultats d’une étude collaborative Fondation Fondamental et Fondation FondaMental Suisse viennent d’être publiés dans « Translational Psychiatry » (groupe Nature).

L’étude franco-suisse a permis de montrer l’existence de signatures clinico-biologiques/immunologiques permettant de distinguer des sous-groupes de patients atteints de troubles majeurs de l’humeur et de troubles psychiatriques :
Les chercheurs ont étudié les paramètres immunologiques dans la stratification des patients atteints de schizophrénie ou de troubles bipolaires, ce qui a permis de confirmer l’implication du rétrovirus endogène humain de la famille W (HERV-W). Il s’agit d’un élément génétique mobile présent de manière naturelle dans le génome humain (8%) qui peut devenir actif dans des circonstances particulières de stress et à des périodes importantes du développement neurologique. Une fois activé, HERV-W va produire dans la circulation sanguine des protéines virales douées de capacités inflammatoires et toxiques pour les tissus cérébraux. Il est estimé que cette activation est retrouvée dans 40 à 50 % des patients atteints de schizophrénie ou de troubles bipolaires. A terme, cette stratification pourrait permettre de proposer aux patients des traitements personnalisés plus efficaces.

L ’étude est le fruit d’une collaboration entre les équipes de chercheurs d’universités françaises & suisses (Créteil, Zurich) et d’une société de biotechnologie genevoise. Avec l’aide précieuse des patients, elle a permis de collecter, de regrouper, de traiter et d’analyser des milliers de données. « La complémentarité entre les équipes françaises, spécialisées en psychiatrie, rétrovirologie et immunologie, et les équipes suisses apportant leur expertise en modèles statistiques complexes, a été déterminante pour le succès de l’étude. Cette complémentarité était nécessaire pour identifier des sous-groupes de patients, les profils inflammatoires et les caractéristiques cliniques » note le Professeur Urs Meyer (Université de Zurich). « Cela a permis d’effectuer une recherche fondamentale sur un plus grand nombre d’échantillons de patients et de déduire des perspectives concrètes d’applications thérapeutiques et diagnostiques pour les malades. » précise le Dr. Hervé Perron, CSO de GeNeuro.

L’étude a également montré que la Covid-19 peut réactiver le retrovirus HERV-W.
« Pouvoir identifier les patients ayant cette surexpression HERV est d’une importance majeure » selon le Dr Ryad Tamouza (Université Paris-est-Créteil, Hôpitaux Universitaires Henri Mondor). Ce point fait désormais l’objet d’un projet à part, mené au niveau européen.

Le financement de la Fondation FondaMental Suisse a ainsi permis de confirmer l’intérêt d’une piste scientifique qui va pouvoir être développée dans le cadre d’un projet à grande échelle. Permettre cette étape essentielle, être facilitateur et déclencheur, est exactement l’intérêt et le but des projets dit d’amorçage, chers à notre fondation. D’autres projets aussi passionnants attendent d’être financés.

Retrouvez l’intégralité de l’interview croisée des principaux auteurs de l’étude ici.
Sources et illustration : FF & TP.