Les chercheurs de l’UNIGE ont découvert que le développement de l’hippocampe, la zone du cerveau responsable de la mémoire et des émotions, était gravement impacté à l’adolescence, suite à l’apparition des premiers symptômes psychotiques. «Il est aujourd’hui connu que la schizophrénie est liée à l’hippocampe, une zone du cerveau complexe qui réalise énormément de processus simultanément, ayant traits à la mémoire, à l’imagination et aux émotions», précise Stephan Eliez, Professeur au Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’UNIGE. « nous avons  étudié en détail le développement de cette structure, afin de comprendre pourquoi certaines personnes touchées par le syndrome de délétion finissent par développer des symptômes psychotiques, alors que d’autres non».

Depuis 18 ans, l’équipe genevoise suit 275 patients âgés de 6 à 35 ans: 135 personnes «contrôle», à savoir sans problème génétique, et 140 personnes ayant le syndrome de délétion, dont 53 présentaient des symptômes psychotiques modérés à sévères. «Chaque trois ans, nous leurs faisons passer une IRM afin d’observer le développement de leur cerveau, ce qui nous a permis de créer un modèle statistique qui mesure et compare le développement de l’hippocampe dans les deux groupes de patients», explique Valentina Mancini.

Cette étude permet de poser l’hypothèse que la petite taille de l’hippocampe chez les patients ayant le syndrome de délétion 22q11 est définie dans le ventre de la mère, probablement à cause d’une mauvaise vascularisation. L’âge critique pour la schizophrénie se situant à l’adolescence, l’équipe genevoise travaille à présent sur la possibilité de prévenir l’atrophie de l’hippocampe, afin d’en préserver les fonctions.

UnigeNature

Illustration : subchamps de l’hippocampe chez un jeune avec le syndrome de délétion et des symptômes psychotiques, l’atrophie de la tête de l’hippocampe est évidente. Photo SE.