« Etat de bien-être permettant à chacun de reconnaître ses propres capacités, de se réaliser, de surmonter les tensions normales de la vie, d’accomplir un travail productif et fructueux et de contribuer à la vie de sa communauté ».

Selon cette définition de l’Organisation Mondiale de la Santé, être en bonne santé mentale ne consiste donc pas uniquement à ne pas avoir de maladie… En effet, de la « simple » détresse psychologique réactionnelle aux troubles psychiatriques sévères, la santé mentale regroupe une palette extrêmement variée de troubles, définis ou non en tant que maladies.
Communément, on considère que les pathologies mentales sont caractérisées par une altération de la pensée, de l’humeur ou du comportement. Ces déficiences entrainent des limitations psychologiques, physiques et sociales causant de la détresse et de la souffrance. Au cours de la vie, elles peuvent affecter, de façon directe ou indirecte, quasiment toute la population. Les symptômes, regroupés en syndromes ou troubles, sont souvent très invalidants pour les patients, et source de souffrance pour leurs familles et pour l’ensemble de la société.

C’est pour établir une sorte de langage commun, nécessaire pour échanger des informations et faire de la recherche par exemple, que différentes classifications existent et évoluent, l’exercice étant assez complexe : les deux références au niveau international sont la CIM-10 proposée par l’OMS, et le DMS V – produit par l’Association Américaine de Psychiatrie, d’avantage utilisé pour les recherches cliniques. Ces 2 classifications privilégient une approche catégorielle (des listes de maladies) qui n’est pas toujours satisfaisante du fait des caractéristiques transversales des troubles mentaux, dont certaines sont mises en évidence avec les progrès de la recherche (par exemple des vulnérabilités génétiques communes à plusieurs troubles).

Aujourd’hui, les données de recherche émergeantes inciteraient à la construction d’un nouveau système de diagnostic qui tend à s’affranchir de ces catégories. Même s’il est trop tôt pour concevoir une classification uniquement basée sur des biomarqueurs moléculaires, neurophysiologiques, ou cognitifs, la recherche initie actuellement un véritable changement de paradigme dans le domaine du démembrement des maladies mentales.

Désormais on sait que les découvertes sur une pathologie particulière peuvent servir à trouver des traitements pour d’autres troubles. C’est cette réalité enthousiasmante qui conduit à penser que la recherche, même si elle se concentre sur les pathologies graves, permettra aussi de faire avancer les connaissances sur des troubles moins sévères.

La neuro-imagerie, la génétique, l’immunologie, la neurophysiologie, les sciences cognitives et sociales participent en produisant de la connaissance à cette adaptation du système de classification des maladies mentales.
Le programme scientifique de la Fondation FondaMental Suisse intègre cette (r)évolution qui permet de grands espoirs.

A l’avenir, grâce à la recherche, les traitements seront plus personnalisés. C’est ce changement de vision, ce nouveau modèle de la recherche en psychiatrie, que la Fondation FondaMentale Suisse contribue à mettre en place.