La journée mondiale de la prévention du suicide (10 septembre) et le reportage réalisé dans le service de prévention du suicide des Hôpitaux Universitaires de Genève sont l’occasion de rappeler quelques chiffres de l’OMS, très impressionnants à l’échelle mondiale : le suicide est à l’origine qu’un décès toutes les quarante secondes (soit 800 000 personnes chaque année), pour chaque adulte qui se suicide, on compte probablement plus de vingt autres tentatives, il s’agit de la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans. Les effets collatéraux sur la famille, les amis, la communauté et la société ne doivent pas être minimisés. Dans ce contexte, la prévention est essentielle : le dépistage et le traitement précoce de la dépression et les troubles liés à la consommation d’alcool, le suivi des personnes qui ont déjà fait une tentative, ainsi qu’un appui psychosocial au niveau de la communauté sont des axes d’intervention préconisés par l’OMS dans son rapport ‘Prévention du suicide, l’état d’urgence mondial’.
En matière de recherche sur les conduites suicidaires, le programme de la Fondation FondaMental Suisse est en parfaite cohérence, il se concentre sur 3 priorités : l’identification des facteurs de risque, la détection des sujets à haut risque et la prévention des passages à l’acte. Concernant la prévention, le focus est porté sur les technologies numériques mobiles (E-santé mentale) qui constituent un potentiel d’innovation remarquable et concret. La mise au point d’applications pour smartphone, par exemple, permet des évaluations, des prédictions et des interventions en temps réel, en situation réelle. C’est ce que propose le projet sur la prévention de la rechute suicidaire post urgences. Outre les patients, qui sont au cœur du système, cette application/étude prévoit d’intégrer la collaboration de scientifiques basés à Genève et Montpellier, ainsi que 8 services d’urgence en Suisse et en France. Les chercheurs sont prêts, ils attendent le financement de donateurs pour commencer.