Rappel : ce projet étudie les marqueurs de régulation émotionnelle chez un large échantillon de patients, sous IRM. Le but est d’identifier des sous-catégories du trouble bipolaire et de dysrégulation émotionnelle selon le stade évolutif de la maladie, l’âge de début, la présence de symptômes psychotiques, l’association à des maladies psychiatriques ou somatiques en tenant compte de certaines variables cliniques comme le niveau de stress dans l’enfance. Des méthodes novatrices d’analyses multivariées permettent de faire le lien entre les variables cliniques et le fonctionnement du cerveau. Il s’agit d’identifier des corrélats biologiques de la dysrégulation émotionnelle, un mécanisme présent dans plusieurs pathologies comme le trouble bipolaire et le trouble de personnalité émotionnellement labile.

Depuis 2017, les docteurs Camille Piguet des HUG à Genève et Josselin Houenou, Neurospin & CHU Henri Mondor à Paris et leurs équipes, ont associé leurs compétences et leurs données. Ils ont ainsi pu réunir les données d’état de repos de 181 sujets, ce qui permet d’identifier des corrélations significatives entre la variabilité du signal IRM et cette dimension de dysrégulation émotionnelle. Certaines régions en particulier, comme le cortex prefrontal ventromedial et l’hippocampe à droite, semblent associées à ces difficultés. Cette année, ces résultats ont été présentés au congrès annuel de la Fédération Mondiale des Sociétés de Psychiatrie Biologique (juin 2019, Vancouver), dans le cadre d’un symposium organisé par le Pr Benicio Frey (Mc Master University, Canada).

Par ailleurs la base de données a été étendue, à l’avenir cela permettra d’analyser notamment la connectivité structurelle et la profondeur des sillons cérébraux, toujours en lien avec les variables cliniques. Enfin, grâce aux techniques de “machine learning” – intelligence artificielle – nous pourrons analyser ces données afin d’établir un diagnostic à l’échelle individuelle (médecine personnalisée) et identifier des sous-groupes homogènes de patients sur la base de leur profil de connectivité « fonctionnelle/structurelle ».