Ce projet étudie les marqueurs de régulation émotionnelle chez un large échantillon de patients, sous IRM. Le but est d’identifier des sous-catégories du trouble bipolaire et de dysrégulation émotionnelle selon le stade évolutif de la maladie, l’âge de début, la présence de symptômes psychotiques, l’association à des maladies psychiatriques ou somatiques en tenant compte de certaines variables cliniques comme le niveau de stress dans l’enfance.

Grâce à la neuroimagerie, plusieurs corrélations significatives entre des structures cérébrales et l’évolution clinique ont été identifiées, ce qui devrait aboutir très bientôt à la caractérisation d’un nouveau marqueur de régulation émotionnelle. Les méthodes novatrices d’analyses multivariées utilisées permettent en effet de faire le lien entre les variables cliniques et le fonctionnement du cerveau.

Les docteurs Camille Piguet des HUG à Genève et Josselin Houenou, Neurospin & CHU Henri Mondor à Paris et leurs équipes, ont associé leurs compétences et partagé leurs données. Ils sont en train d’identifier des corrélations entre la variabilité du signal IRM pendant des périodes de repos et le comportement. Cela pourrait aboutir à l’identification d’un nouveau marqueur de régulation des émotions chez les patients bipolaires et permettrait d’expliquer et de mieux comprendre les divergences retrouvées actuellement dans la littérature scientifique.

Un manuscrit qui présente ces résultats ainsi qu’une synthèse présentant les résultats préliminaires ont été soumis dans le cadre de la conférence annuelle de la Society of Biological Psychiatry (mai 2018, New York).

Par la suite, la base de données des personnes atteintes de troubles bipolaires sera étendue à d’autres pathologies. L’analyse de ces données en « sous-groupes » de patients utilisera des techniques utilisant l’intelligence artificielle comme le “machine learning” (apprentissage automatique). Cette approche permettra de mieux comprendre et donc de mieux cibler les mécanismes physiopathologiques de la dysrégulation émotionnelle afin de développer plus rapidement de nouveaux traitements pour les patients.