Un des grands projets initié par la Fondation FondaMental Suisse consiste à construire une biobanque partagée et une base de données cliniques commune : cela permettra d’identifier des biomarqueurs (génétiques, épigénétiques, endocriniens, inflammatoires, cognitifs, etc.) associés aux troubles bipolaires, aux TOC, à l’hyperactivité, aux troubles borderline, à la dépression…

Les échantillons biologiques de patients avec des maladies déclarées sont regroupés et analysés, comparés avec les données de sujets à risques et de groupes témoins, en mutualisant les bases de données au service de la recherche.

La mise en place de cette biobanque est assez complexe, il faut tout d’abord harmoniser les matériels, obtenir les autorisations institutionnelles et des comités d’éthique et surtout il faut veiller à ce que l’anonymisation des données des patients soit totalement respectée, donc sécuriser absolument tous les processus.

L’élaboration se déroule en plusieurs étapes afin tout d’abord de créer les infrastructures qui ‘accueillent’ les bases de données partagées. A terme il s’agit de mettre en place des dossiers informatisés, de centraliser les échantillons biologiques (ADN, ARN, sérum, plasma, microbiote) dans une biobanque commune à partir de laquelle ils sont traités et analysés. Une autre étape consiste à financer les besoins en ressources humaines, les outils et le matériel scientifique nécessaires pour des analyses parfois très complexes des données biologiques issues de patients dont la maladie est déclarée, de sujets à risque et de groupes témoins.

Aujourd’hui, bientôt 2 ans après l’initiation de ce projet, la base de données commune et les biobanques partagées sont en place et fonctionnelles. Le couplage des nombreuses variables cliniques est terminé, ce qui implique que toutes les données recueillies de part et d’autre sont désormais comparables ‘facilement’. Les autorités compétentes ont récemment validé le protocole éthique, c’est un point essentiel car la sécurisation des données médicales est encore une fois, et à juste titre, un point extrêmement sensible. L’étape suivante et c’est l’objectif majeur pour 2018, consiste à identifier le recrutement des patients atteints de troubles bipolaires participant à l’étude, afin de continuer à enrichir les biobanques et la base de données. Les résultats de cette initiative représentent un potentiel de progrès remarquables et très attendus par le monde scientifique international.