Prévenir & traiter autrement


Depuis des siècles en Europe, la médecine a été marquée par une approche « curative » qui a permis d’augmenter l’espérance de vie des malades d’une cinquantaine d’années au cours du XXème siècle. Nous sommes désormais dans l’ère de la médecine « 4P » du XXIème siècle : une médecine personnalisée, préventive  prédictive et participative. La e-santé mentale (santé numérique) et la génomique permettent notamment d’envisager des approches complémentaires, des espoirs de progression encore plus rapides.

La génétique a ouvert la voie à cette nouvelle approche dans les années 2000 : l’identification du profil génétique des malades a permis la prescription de médicaments plus ciblés, donc plus efficaces : « Le bon médicament, à la bonne personne, au bon moment », sans toutefois que cette révolution ne s’installe dans la pratique de toutes les spécialités médicales. Par ailleurs, cette personnalisation ne signifie pas que des médicaments soient créés pour un seul individu. Elle se traduit plutôt par la capacité de classer les individus en sous-populations caractérisées par la prédisposition à certaines maladies ou par la réponse à un traitement particulier. Cela concerne tout aussi bien des mesures préventives ou thérapeutiques.

La médecine tend à considérer l’homme dans sa globalité : un être corps/esprit pensant et interagissant avec son environnement. Il s’agit ensuite d’adapter un traitement en fonction des caractéristiques individuelles de chaque patient. 
Ainsi, on parle de médecine « 4P » pour :

  • Personnalisée : chacun est unique, on s’intéresse au profil personnel de l’individu (génétique, environnemental, etc).
  • Préventive : grâce à l’éducation à la santé, on vise à réduire les risques de maladie (prévention primaire), on favorise le dépistage précoce (prévention secondaire) et on améliore la qualité de vie des personnes malades (prévention tertiaire). Le « mieux-être » est au centre de ces différents processus.
  • Prédictive : en établissant une cartographie personnalisée des facteurs de risque et des éléments protecteurs de la santé d’une personne, on peut évaluer le risque de développer une maladie et proposer les traitements les plus appropriés, médicamenteux et autres.
  • Participative : les patients sont les acteurs de leur santé et de leurs soins. Ils sont désormais considérés comme des « patients experts », disposant de connaissances théoriques et d’un savoir subjectif issu de leur vécu de leurs troubles.

Cette approche appliquée à la psychiatrie est originale et innovante, elle est au cœur du programme scientifique de la Fondation FondaMental Suisse, les premiers résultats sont enthousiasmants.

(sources : telemedaction.org, mps4 & PCast)