Les troubles de la personnalité borderline


Le trouble de la personnalité borderline ou trouble de la personnalité état limite apparaissant à l’adolescence se définit comme une modification durable de la personnalité, caractérisée au premier plan par une importante fluctuation des émotions, une sensibilité à l’abandon avec des relations interpersonnelles chaotiques, une importante impulsivité pouvant aboutir à des comportements auto-mutilatoires comme les scarifications et des conduites suicidaires à répétition. Bien que clairement défini en termes symptomatologiques et touchant entre 4 à 6% de la population générale le trouble borderline n’est toujours pas reconnu comme une pathologie relevant d’un handicap par l’OMS. Cependant le taux de suicide (autour de 10%) est considérable et l’existence d’un trouble de personnalité borderline pourrait en fait être à l’origine d’une large proportion des suicides attribués par erreur à d’autres troubles psychiatriques. Touchant essentiellement les jeunes adultes (entre 16 et 30 ans), le coût socio-économique de ce trouble est important d’autant plus que cette pathologie se complique très souvent d’une dépression ou d’un trouble anxieux. Ce trouble est encore trop méconnu et peu considéré alors que nombre de patients qui en souffrent sont souvent diagnostiqués comme souffrant d’autres troubles dont notamment le trouble bipolaire. Ceci est d’autant plus regrettable que les stratégies thérapeutiques (essentiellement médicamenteuses) données aux patients souffrant d’un trouble bipolaire ne fonctionnent pas, ou peuvent même provoquer d’autres difficultés chez les patients borderline. Le retard de diagnostic est donc également une réalité pour ces patients. De nouvelles stratégies thérapeutiques spécifiques sont nécessaires et ceci ne pourra être réalisé que par une meilleure connaissance de ce trouble, tant au niveau de la population générale qu’au niveau des soignants.

Traitements - espoirs de la recherche :


La recherche de meilleurs traitements représente un grand espoir pour les personnes souffrant de trouble de personnalité borderline. Une prise en charge et une détection précoce du trouble aboutissant à la mise en place de stratégies thérapeutiques personnalisées essentiellement psychothérapeutiques peuvent aboutir à améliorer le pronostic de ces patients et donc leur qualité de vie. Les études ont montré qu’une prise en charge adaptée réduit de façon significative les comportements suicidaires, les décès par suicide et les hospitalisations ; les sujets ayant un trouble borderline représentent jusqu’à 20% des patients hospitalisés en psychiatrie. S’il est pris en charge correctement et l’évolution favorable, le trouble peut même « disparaitre ». Il existe donc un espoir pour ces patients, car le trouble borderline, à l’inverse du trouble bipolaire, n’est pas une pathologie chronique évolutive.

Le facteur étiologique principal du trouble réside dans les événements de vie traumatiques dans l’enfance tel que les maltraitances infantiles (jusqu’à 60% des patients souffrant d’un trouble borderline ont subi des maltraitances d’ordre sexuel dans leur enfance), mais des facteurs biologiques notamment la génétique semblent aussi jouer un rôle déterminant. Malheureusement les études de neuroimagerie, de biochimie et de génétique et/ou d’épigénétique restent trop peu nombreuses limitant la possibilité de comprendre les mécanismes neurobiologiques sous-jacents du trouble. C’est l’exploration de ces mécanismes qui permettra de mieux cerner les corrélats de la réponse au traitement, d’aider au diagnostic différentiel, de mieux cibler/personnaliser les traitements fournis et de développer de nouvelles stratégies de soins.
Grâce à l’imagerie cérébrale fonctionnelle, qui permet d’avoir « accès au fonctionnement du cerveau » dans des conditions expérimentales reflétant les situations de vie, il est déjà mis en évidence que certaines régions impliquées dans la régulation émotionnelle sont  engagées dans la genèse du trouble borderline. Cette voie de recherche doit être poursuivie.
La prise en charge du trouble borderline repose sur des psychothérapies spécifiques, comme la thérapie comportementale et dialectique. La formation des personnels à ces approches spécifiques est nécessaire au développement  d’une offre de soins adaptée. Par ailleurs, l’utilisation des nouvelles technologies de communication est une voie à explorer.
Enfin, les chercheurs s’intéressent à la problématique des conduites suicidaires et automutilations dans le trouble borderline : un axe innovant dans ce domaine vise à identifier des facteurs biologiques permettant de dépister les sujets qui passeront à l’acte afin de proposer des thérapeutiques préventives adaptées.