Le stress post-traumatique


L’état de stress post-traumatique (ESPT, ou PTSD en anglais) est un trouble anxieux survenant à la suite d’un évènement grave et brutal, qui a été à l’origine d’un danger vital ou d’une menace dans l’intégrité physique : catastrophe naturelle, bombardement, attentat, viol ou autre agression, accident de voiture, etc. Le patient peut avoir été impliqué lui-même ou avoir assisté à la mort ou à l’accident d’autres personnes. La réaction immédiate du sujet est souvent marquée par une frayeur intense puis par une sidération plus ou moins longue (prostration, dépersonnalisation), suivie d’une amélioration progressive et ensuite éventuellement d’une « phase de latence » pendant laquelle le patient retrouve son état normal. Après quelques semaines, quelques mois ou parfois quelques années, des symptômes réapparaissent, avec notamment :
– un syndrome de répétition marqué par des reviviscences du traumatisme (cauchemars, flashbacks dans la journée, impressions de mort imminente)
– des symptômes anxieux (anxiété généralisée, phobies, évitements), concernant surtout les situations voisines de celles dans lequel l’événement initial est survenu
– des symptômes dépressifs à type d’émoussement des affects, de pessimisme avec fatigue et idées suicidaires.
Les complications principales des ESPT sont les troubles dépressifs et les addictions, à l’alcool, aux drogues ou aux benzodiazépines.
L’exposition à un événement grave ou traumatique peut engendrer des séquelles psychologiques importantes chez 4 à 10% des personnes qui y ont été confrontées. La persistance de ces symptômes au-delà de plusieurs semaines constitue un trouble de stress post-traumatique. L’évolution chronique sur plusieurs années concerne 20% des patients atteints de trouble de stress-post-traumatique, et le risque de rechute élevé concerne 20% des patients pris en charge, dans les 5 ans qui suivent l’arrêt de la thérapie.

La meilleure prévention des pathologies post-traumatiques est la prise en charge précoce des personnes soumises à un traumatisme violent, avec principalement un soutien psychologique permettant notamment de verbaliser l’anxiété et d’évoquer l’événement et les émotions ressenties. Il est nécessaire également d’informer le sujet sur les éventuelles complications précoces pouvant survenir, et les méthodes simples, par exemple de relaxation, permettant de les contrôler. Des techniques bien codifiées héritées des méthodes militaires (« debriefing psychologique »), en individuel ou en groupe, peuvent être intéressantes dans la prévention des ESPT, mais elles doivent être bien maîtrisées part des professionnels entraînés, au risque sinon de provoquer plutôt une aggravation des symptômes.

Traitements - espoirs de la recherche :


Une fois que les troubles se sont installés, les traitements les plus éprouvés sont également d’ordre psychothérapique, de type thérapie comportementale et cognitive (TCC) principalement. Une technique récente est de plus en plus utilisée en raison de son efficacité, l’EMDR (Eyes Movement Desensitization and Reprocessing), basée sur un travail mental sur les souvenirs traumatiques associés à une capture attentionnelle par des mouvements oculaires rythmiques horizontaux.
Les traitements médicamenteux ont le plus souvent des effets limités dans les ESPT sévères et installés. Les molécules paraissant les plus intéressantes sont les antidépresseurs qui agissent sur les symptômes émotionnels associés à l’EPST, et notamment sur les symptômes dépressifs lorsqu’ils existent, mais peuvent également soulager au moins partiellement les symptômes les plus spécifiques du trouble que sont les reviviscences du traumatisme (flash-back, cauchemars, etc.).

Durant les deux dernières décennies, de gros progrès ont été faits en recherche fondamentale et clinique dans la compréhension des bases physiopathologiques du trouble. Ces recherches ont permis d’améliorer la politique d’intervention précoce auprès des personnes venant de vivre un événement grave. Cependant, une proportion importante des personnes confrontées à un stress post-traumatique ne consulte un spécialiste que lorsque le trouble s’est installé durablement.
Les recherches doivent se poursuivent pour mieux comprendre les bases biologiques et neuropsychologiques du développement chronique du trouble et identifier des facteurs pronostics de rechute après traitement.