Les troubles bipolaires


Les troubles bipolaires, anciennement psychose maniaco-dépressive, se définissent classiquement par une succession d’épisodes dépressifs et d’exaltations pathologiques de type maniaque. Ces troubles sont aujourd’hui conçus comme étant des pathologies hétérogènes, multifactorielles, qui évoluent progressivement au cours du temps vers l’association à de nombreuses autres pathologies psychiatriques et somatiques et un handicap sévère si des stratégies thérapeutiques adaptées et personnalisées ne sont pas déployées précocement. Les troubles bipolaires représentent un enjeu majeur de santé publique en raison de leur fréquence élevée puisqu’1 à 4 % de la population, 80 000 personnes en Suisse en sont atteintes. De plus, ces troubles débutent chez les jeunes adultes entre 15 et 25 ans, persistent toute leur vie et sont responsables d’une baisse de l’espérance de vie de 10 ans. Les épisodes dépressifs débouchent fréquemment sur des tentatives de suicide, des conduites à risque (sexualité, addictions, dépenses), auxquels d’autres troubles sont souvent associés (diabète, maladies cardio-vasculaires etc.). Placés au 6ème rang mondial des handicaps par l’OMS, les troubles bipolaires représentent un coût élevé sur le plan médico-économique, considéré comme supérieur à celui des maladies coronariennes par exemple. Au quotidien, la bipolarité peut devenir, si son évolution n’est pas freinée par des traitements adaptés, une maladie très contraignante : elle affecte les facultés cognitives – en perturbant la mémoire, l’attention, les fonctions exécutives et le sommeil. Elle se caractérise par des difficultés à gérer les émotions, avec des comportements irritables et peut également être associée à des troubles anxieux.
 Le retard de diagnostic (10 ans en moyenne) est une réalité qui pénalise énormément les patients : on estime que jusqu’à 40 % des personnes atteintes de dépression pourraient en réalité souffrir de troubles bipolaires sans être diagnostiquées.

Traitements - espoirs de la recherche :


Aujourd’hui, l’amélioration du pronostic des troubles bipolaires réside dans le développement de marqueurs du diagnostic qui vont permettre d’améliorer la précision et la précocité diagnostiques. De fait, l’amélioration du pronostic repose sur une prise en charge la plus précoce possible reposant sur l’identification des personnes atteintes dès le début de leur maladie, et sur la mise en place de stratégies thérapeutiques personnalisées qui doivent associer traitement médicamenteux, thérapeutiques psycho-sociales et conseils d’hygiène de vie.
Les troubles bipolaires sont des maladies à hérédité complexe, c’est-à-dire qu’ils mêlent facteurs génétiques et facteurs environnementaux. Si la génétique pèse pour 60 % dans l’origine des troubles, ceux-ci ne se déclenchent qu’en interaction avec un ou plusieurs facteurs environnementaux.
 Demain, grâce au soutien à l’innovation dans le diagnostic, la meilleure compréhension des causes de la maladie et du traitement contribueront à l’amélioration du pronostic des troubles bipolaires. Nous disposons de marqueurs qui seront bientôt utilisés pour mieux diagnostiquer, comme les marqueurs génétiques, épigénétiques et inflammatoires, les marqueurs du rythme circadiens, ou les marqueur d’imagerie cérébrale.

L’exploration des différentes pistes étiologiques sont à notre portée pour mieux comprendre cette maladie, comme l’exploration des interactions entre terrain génétique et facteurs de risque environnementaux (stress, infections), ou encore l’étude des dysfonctionnements du rythme circadien ou des anomalies de la connectivité cérébrale. Ce sont autant de pistes pour mieux comprendre les causes des troubles bipolaires et ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques pour mieux soigner et mieux prévenir.

Témoignages :


Témoignages de Barbara et de Gilles

"Les troubles bipolaires restent encore largement méconnus du grand public" / RTS Info / 4 min

Témoignage de Marie-Aude

Film réalisé pour l'exposition Mental Désordre à la Cité des sciences et de l'industrie / 4 min