Les troubles anxieux


Les troubles anxieux sont des pathologies dans lesquelles la peur, l’angoisse, le stress ou d’autres formes d’anxiété anormale et durable sont les symptômes principaux. Ces symptômes peuvent être plus ou moins handicapants, selon leur intensité et leur sensibilité aux conditions de vie quotidienne. Le niveau de souffrance induite et de handicap peut être, dans les cas les plus graves, très important. A la différence des psychoses, les troubles anxieux n’altèrent pas le contact du sujet avec la réalité : celui-ci a conscience de l’excès de sa peur et peut remettre en cause ses comportements « à froid » lorsque l’anxiété est redescendue. Toutefois il ne peut lutter contre ses angoisses et ses conséquences quand il y est confronté. La gravité des troubles anxieux tient aussi à leurs complications potentielles, essentiellement la dépression, qui survient dans environ 50% des cas, et les addictions, surtout à l’alcool ou aux médicaments sédatifs (environ 20%).
Les principaux troubles anxieux sont l’agoraphobie, le trouble panique, les phobies simples, la phobie (ou anxiété) sociale, le trouble d’anxiété généralisée (TAG) et le trouble de stress post-traumatique qui touche les personnes victimes ou témoins de traumatismes graves (violences corporelles, accidents, guerres …). Les troubles anxieux sont souvent de nature chronique, ce qui signifie qu’ils peuvent persister à long terme s’ils ne sont pas diagnostiqués et traités. Pour plus de la moitié des personnes atteintes, il existe un risque accru de développer un état dépressif au courant de leur vie, mais aussi un risque accru de retrait social ou de risque suicidaire.

Les troubles anxieux sont les maladies psychiatriques les plus fréquentes : si l’on considère la population générale âgée de 18 à 65 sur une année, 15 % des individus développent un trouble anxieux (prévalence sur un an), tandis que 27% présenteront un trouble anxieux à un moment ou un autre de leur vie (prévalence vie entière). En Suisse, on recense 1 million de personnes souffrant chaque année de troubles anxieux, ce qui représente un coût humain, médical et économique estimé à 1.5 milliard d’euros. Ils concernent en majorité les femmes, puisqu’on compte environ 1,5 à 2 femmes atteintes pour un homme. Ils concernent surtout les adultes jeunes puisque la tranche d’âge de 25 à 44 ans est la plus concernée ; on peut toutefois retrouver des troubles anxieux à tous les âges de la vie y compris chez le jeune enfant ou chez les personnes âgées.
La reconnaissance précoce des troubles et la mise en place des traitements disponibles sont un enjeu majeur pour prévenir les évolutions chroniques. La sensibilisation de la population et des professionnels de la santé est donc fondamentale. A l’heure actuelle, la prise en charge des troubles anxieux s’appuie sur la psychoéducation (informations transmises sur l’étiologie, les mécanismes psychologiques et les traitements existants qui devraient être proposés à tous les patients), la psychothérapie et la pharmacothérapie. Bien qu’efficaces, les pharmacothérapies actuelles sont associées à un risque de dépendance qui limite leur usage à long-terme.

Traitements - espoirs de la recherche :


En matière de recherche, plusieurs approches novatrices font espérer de nouvelles avancées sur le plan thérapeutique :
– La tDCS (stimulation transcrânienne à courant direct) est une technique prometteuse. Elle consiste à stimuler le cerveau à l’aide d’un courant électrique non-invasif et vise à modifier la plasticité cérébrale des réseaux impliqués dans le contrôle des émotions et de l’anxiété. Utilisée conjointement avec d’autres psychothérapies cognitives, elle pourrait potentialiser les effets bénéfiques d’autres interventions cognitives existantes. Cependant cette technique n’a encore jamais été testée rigoureusement chez des patients anxieux.
– Le développement de la réalité virtuelle est une approche également prometteuse, notamment dans le traitement des troubles liés au stress post-traumatique et des phobies. Elle permet de confronter le sujet aux situations phobogènes dans un contexte fictif et sans danger, et facilite la mise en place des apprentissages et des stratégies de compensation qui permettront au sujet de réduire les symptômes.
– Le neurofeedback permet d’enregistrer l’activité de régions cérébrales cibles et permet au patient de développer les stratégies cognitives adéquates qui diminueront ou augmenteront l’activité des régions ciblées.
– Certaines pharmacothérapies comme la D-cycloserine pourrait permettre d’augmenter le bénéfice de ces nouveaux traitements ou des thérapies cognitives existantes.
– Le développement de « serious games » offre aussi une voie de recherche prometteuse. Il permet de favoriser la psycho-éducation et l’information, notamment auprès des jeunes populations qui sont également atteintes par les troubles anxieux, parfois à un âge précoce ou les défenses cognitives ne sont pas encore en place. Il peut aussi réduire le stigma social associé aux troubles anxieux et en cela favorise le dialogue, l’accès au traitement et les interactions patient-soignant.