La dépression


La dépression est la maladie psychiatrique la plus fréquente et touche tous les âges. On considère ainsi qu’environ 20% des individus présenteront au moins un épisode dépressif au cours de leur existence, elle sera classée au 1er rang des maladies au niveau mondial en 2030 selon l’Organisation Mondiale de la Santé.
La proximité de l’éprouvé des symptômes avec des émotions dont nous faisons tous l’expérience au cours de la vie (tristesse, découragement, désespoir) favorise la confusion entre dépression et « déprime » ou « coup de blues ». Or, chez la plupart d’entre nous, la variation de ces émotions est normale, temporaire et ne constitue pas un handicap au quotidien. La dépression est une maladie, et non le reflet d’une faiblesse de caractère. Elle peut durer quelques semaines, souvent plusieurs mois, parfois plusieurs années. Elle nécessite une prise en charge médicale spécifique et sa guérison n’est pas affaire de volonté. Elle peut connaître une évolution chronique et ses complications peuvent être sérieuses. Dans 15 à 30% des cas, les stratégies thérapeutiques standards proposées restent inefficaces avec des conséquences sur la qualité de vie des malades, ainsi que sur la vie sociale, familiale et professionnelle avec un coût sociétal très élevé. Le risque de suicide s’en trouve également majoré. Les patients ont, en outre, une probabilité accrue de développer des pathologies somatiques chroniques (diabète, obésité, problèmes cardiovasculaires, etc…), et nous ne sommes pas tous égaux face au risque de dépression.

Traitements - espoirs de la recherche :


Comme la plupart des troubles psychiatriques, la dépression serait liée à l’interaction complexe entre de multiples facteurs psychologiques, biologiques, ou encore environnementaux.
De nombreux travaux ont également démontré l’importance de la vulnérabilité génétique : une personne dont les parents souffrent ou ont souffert de dépression présente un risque accru (2 à 4 fois supérieur) de souffrir elle-même de dépression au cours de sa vie. Ces recherches en génétique ont ouvert la voie à un modèle de compréhension de la dépression fondé sur une altération de la réponse au stress avec l’implication de certaines hormones qui en sous-tendent l’expression. Dans ce contexte, les relations entre un déséquilibre hormonal (dépression post-partum, ménopause, …) et la survenue d’un épisode dépressif ont été largement établies.
La recherche a également mis en évidence l’implication de nombreux facteurs biologiques, parmi lesquels le déséquilibre de plusieurs neurotransmetteurs. Ce déséquilibre perturbe la communication entre les neurones entrainant des perturbations significatives du fonctionnement des régions cérébrales étroitement liées à l’apparition des symptômes de dépression, classiquement retrouvées par les travaux d’imagerie.
Enfin, l’état de santé des personnes joue un rôle déterminant. On observe ainsi un lien notable avec l’existence d’une maladie chronique (maladie cardiovasculaire, AVC, cancers, infections…). La survenue d’épisodes dépressifs chez des patients souffrant d’une maladie somatique à caractère inflammatoire a ainsi conduit les chercheurs à explorer l’implication des mécanismes immuno-inflammatoires dans la dépression. Des travaux de recherche centrés sur les aspects nutritionnels ont également établi un lien entre la qualité de l’alimentation et la récurrence des épisodes dépressifs.
Autant de pistes à explorer pour mieux comprendre, donc mieux soigner cette maladie et ses formes résistantes.
La caractérisation précise des marqueurs impliqués est un préalable indispensable pour le développement d’innovations thérapeutiques ciblées.

Améliorer les soins et les traitements prescrits aux personnes souffrant de dépression, réussir à prédire la réponse thérapeutique et le pronostic de la maladie est une préoccupation majeure pour les chercheurs. Ils travaillent à l’identification de marqueurs génétiques, biologiques, inflammatoires, hormonaux, anatomiques et fonctionnels ou nutritionnels de la rechute et de la réponse au traitement, afin d’orienter au mieux le choix des stratégies thérapeutiques à proposer au quotidien par les praticiens en charge des patients déprimés.

 

Témoignage :


Témoignage d’Anne

"Ma dépression, ce n’est pas de ma faute. On m’a enlevé l’utérus, c’était douloureux, mais j‘aurais préféré qu’on m’enlève trois utérus…