Les conduites suicidaires


Les conduites suicidaires sont la manifestation d’une souffrance psychologique jugée insupportable par les personnes qui en sont victimes.
Parmi les principaux facteurs de risque identifiés, outre les antécédents de tentative de suicide, la consommation d’alcool ou encore des événements de la vie relationnelle (deuil, séparation, …), la place des troubles psychiatriques est avérée.
Certaines personnes se révèlent en effet plus vulnérables que d’autres face au risque suicidaire. Des travaux de recherche ont notamment démontré que près de 90% des personnes qui attentent à leur vie souffrent de troubles psychiatriques et que les antécédents de tentative de suicide sont associés à un risque accru de récidive. La vulnérabilité au suicide constitue une sorte de prédisposition ou de terrain «favorable» qui peut se traduire par un passage à l’acte sous l’effet d’un stress important (perte d’un emploi, problèmes familiaux ou conjugaux…). Elle serait liée à l’association de facteurs génétiques et de facteurs environnementaux. En effet, plusieurs gènes liés aux conduites suicidaires ont déjà été identifiés. Les travaux de recherche ont également démontré l’implication de différents facteurs environnementaux, parmi lesquels les situations de maltraitance dans l’enfance, les altérations du sommeil, la présence d’un trouble du stress post-traumatique, etc. Concrètement, le suicide est la deuxième cause de mortalité des 15/44 ans et la population la plus à risque sont plutôt les hommes de 40/50 ans.

Traitements - espoirs de la recherche :


Des travaux prometteurs ont permis d’identifier des premiers marqueurs biologiques du risque suicidaire, au sein de voies biologiques spécifiques liées aux dimensions d’impulsivité et d’anxiété, deux caractéristiques psychologiques fortement présentes chez les personnes ayant fait une tentative de suicide. D’autres études ont également montré l’existence d’une inflammation chronique chez les patients ayant effectué une tentative de suicide. L’identification de ces différents marqueurs biologiques du suicide constitue une source d’espoir en matière de compréhension et de dépistage des personnes à risque.
Par ailleurs, l’implication de certaines régions cérébrales dans les dysfonctionnements émotionnels et cognitifs associés à la vulnérabilité suicidaire a été démontrée. Les études de neuro-imagerie, en particulier d’IRM fonctionnelle, ont ainsi permis de notamment mettre en évidence, chez les sujets ayant fait une tentative de suicide, une hyperactivité du cortex orbito-frontal en visionnant des visages exprimant la colère, révélant à un niveau cérébral un mécanisme d’hypersensibilité aux signaux de rejet social et de désapprobation.
La recherche se concentre actuellement sur 3 priorités : l’identification des facteurs de risque, la détection des sujets à haut risque et la prévention des passages à l’acte. Connaître les mécanismes liés à la conduite ou l’acte suicidaire est essentiel. La recherche a un rôle majeur à jouer et a déjà apporté des premiers éléments de réponse encourageants.
Concernant la prévention, les technologies numériques mobiles (e-santé mentale), sous la forme d’applications pour smartphone constituent des innovations au potentiel tout à fait remarquable car elles permettent des évaluations, des prédictions et des interventions en temps réel, en situation réelle (ce qui est particulièrement utile lors de périodes de crises suicidaires). Développés en partenariat avec les services d’urgences, en première ligne, les innovations proposées qui utilisent les outils connectés, pourront constituer dans certains cas une alternative à l’hospitalisation.

Témoignage :


Témoignage de Madeleine

Je me suis demandé dans ma tête, toute seule : « Est-ce que mes enfants seraient mieux sans moi ? » Je me suis dit : « Oui. Ils seront…